
Vivons-nous encore en démocratie ? La question divise autant qu’elle interroge… La démocratie est-elle un concept propre à animer les e-cafés littéraires, ou un contrat sanctifiant un mode de vie en communauté ?
Il semble qu’en cette année 2020, les maux se soient passés le mot. Crise sanitaire, crise de confiance, crise climatique, écologique, financière… la cuvée est d’exception ! Pourtant, s’il est une crise qui prévaut sur toute autre, c’est bien celle du pouvoir, celle du pouvoir du peuple, en somme, une crise de la démocratie.
Aujourd’hui, qui exerce le pouvoir ? Mieux, sur qui s’exerce-t-il ?
Au regard du récent resserrement des libertés en France et en Belgique, le peuple perd un peu plus de son pouvoir à mesure que les crises s’accumulent. De situations exceptionnelles en mesures d’exception, la pensée critique et non orthodoxe, se voit aujourd’hui moralement criminalisée par les papes et autres cardinaux médiatiques.
A quand les bûchers en place publique pour hérésie sanitaire ?
Mais aux esprits chagrins qui pleurent la fin du pouvoir au peuple, qu’ils se consolent! Il reste au « demos » un ultime recours, celui de pouvoir PAYER. Payer pour la transition écologique, payer pour la crise financière, payer pour que les maux d’aujourd’hui engendrent les remèdes de demain.
Un problème = une mesure = une taxe = un impôt = un PAYEUR.
Mais n’est-ce pas là une nième manière de socialiser les pertes et privatiser les gains ?
Il y a quelques années, la crise financière de 2008 s’était soldée par le renflouage massif des banques américaines pourtant largement responsables de leurs propres pertes. Certains avaient crié au hold up quand l’argent public avait recapitalisé les pertes des banques privées.
Entre 2018 et 2019, la France voyait le mouvement des gilets jaunes revendiquer une plus grande justice économique et sociale quant à l’application d’une nouvelle taxe sur le carburant. S’il ne s’était pas rebiffé, le peuple français aurait dû payer une taxe écologique dont seulement 17% du montant aurait effectivement été destiné à la transition écologique.
Cherchez l’erreur !
Avec le Covid, assisterons-nous à un nouveau braquage en plein jour, une nouvelle nationalisation des pertes et privatisation des gains ? En France, les objecteurs de conscience brandiront le caractère inédit, inattendu, et le choix humain qui a été fait de privilégier la santé au détriment de l’économie. Oui mais, combien de morts économiques seront tombés au champ d’honneur de cette stratégie humaniste ?
Voilà une question éthiquement critiquable, à laquelle il conviendra de ne surtout pas répondre pour ne pas accabler un pays déjà éprouvé. Il est parfois bien plus sage d’éluder les questions dérangeantes qui risqueraient de nourrir un changement constructif.
Pourvu que tout change pour que rien ne change !
Si l’on prend au hasard le cas de la France, ex grand empire mondial, elle ne rembourse plus depuis bien longtemps les intérêts de sa dette. Gageons qu’avec le Covid, la situation financière de cet empire déchu passera d’inquiétante à catastrophique.
Mais toute crise étant porteuse d’opportunités, la transition « verte » sera à en croire le pouvoir, notre planche de salut, la voie par laquelle le monde occidental, pollueur, gourmand et insatiablement énergivore, trouvera sa rédemption.
Mais n’est-ce-pas là un énième mythe, une nouvelle religion dont les missionnaires convertissent le peuple à marche forcée, pour justifier les parcs éoliens, le renouvellement du parc automobile et bien d’autres taxes qu’il faudra bien faire adopter pour justifier ces milliards d’investissements, donc de prêts, donc d’impôts.
Si seulement la France pouvait réellement renouer avec la croissance, non celle médiatisée à grand renfort de lecture optimiste des chiffres, mais celle qui augmente bel et bien le pouvoir d’achat de ses habitants et désendette la nation.
Mais il semble qu’une autre stratégie ait été validée : celle d’augmenter les déficits pour combler les déficits.
Cherchez l’erreur !
Olivier Toner